Les roadshows gouvernance sont amenés à se développer notamment sous l’impulsion de l’actionnariat activiste. Ils permettent de réduire les risques et de construire un dialogue efficace. Il est donc important de les préparer. Le groupe de travail gouvernance du Cliff piloté par Dov Lévy[1]  de Akka Technologies, a présenté il y a quelques jours le fruit de ses réflexions sur le sujet.

Connaître le profil de ses investisseurs

Il est indispensable de connaître en amont le profil des investisseurs institutionnels et des prescripteurs. Il s’agit de faire la distinction entre les investisseurs actifs dans la gestion -Amundi, Allianz Global Investors, Aviva Investors- et passifs -Blackrock, State Street Vanguard. « Les investisseurs passifs sont néanmoins actifs dans les votes et s’associent aux activistes pour faire passer leurs priorités » rappelle en substance les membres du groupe du travail du Cliff. Certains ont des équipes de gouvernance solide, d’autres sont moins structurés. Un dialogue constructif avec les proxys advisors (ISS, Glass Lewis, Proxinvest) fait aussi partie des recommandations du Cliff car ce sont des « influenceurs importants ». Reste que la qualité du dialogue est à améliorer (cf notre précédent billet). Une bonne connaissance de la gouvernance et de la politique de vote de ces interlocuteurs peut néanmoins influer sur la proposition de certaines résolutions.

Travailler en équipe

Généralement ces roadshows -rencontres ou conférences téléphoniques- sont pilotées par un binôme qui réunit l’équipe de relations investisseurs et la direction juridique. Le secrétariat général ou un représentant de la DRH (compensation&Benefits) peuvent également intervenir en fonction des thèmes à aborder.

Organiser un dialogue régulier

4 sessions d’échanges annuelles avec les investisseurs et les agences de conseil de vote permettent d’initier un dialogue constructif. Le calendrier dépendra de la date de clôture de l’exercice fiscal de l’émetteur et de la date de l’AG. Le groupe de travail du Cliff recommande de privilégier un échange direct et régulier avec les grands investisseurs (Top 20). Les émetteurs peuvent aussi se faire aider par un proxy solicitors pour couvrir un plus large spectre d’actionnaires.

Sélectionner les thèmes à aborder

Ces rendez vous sont l’occasion de mettre l’accent sur la stratégie à moyen/long terme et de démontrer l’alignement de la gouvernance sur le plan stratégique (organisation du conseil, comités spécialisés, profil des administrateurs, indépendance et parité, durée des mandats etc). La politique de rémunérations sera également à l’ordre du jour de ces échanges (Loi Sapin 2 oblige). Démontrer le lien entre performance et rémunération, déterminer les bons KPIs (critères qualitatifs et quantitatifs) pourront nourrir le dialogue avec les investisseurs.

Ces roadshows gouvernance sont donc l’opportunité pour les émetteurs de valoriser leurs arguments et de faire passer leurs messages clés. A condition que les sujets les plus sensibles soient bien préparés en amont.

[1] Dov Lévy, Investor Relations&Corporate Development

 

Sandrine L’Herminier

Directrice du Pole RSE – Labrador Conseil