La RSE et le management des risques se sont fortement développés ces dernières années, dans une certaine « indifférence mutuelle ». C’est terminé ! Avec l’entrée en vigueur des nouvelles règlementations qui mettent l’accent sur les risques extra financiers, les deux fonctions ont tout intérêt à faire converger leurs points de vue, leurs approches et leurs outils.

Les risques éthiques, climatiques, sociaux et sociétaux sont locaux et globaux, multidimensionnels et interdépendants. Ils interagissent les uns avec les autres. Le relais et l’amplification donnés par les investisseurs institutionnels et les médias à leur non-maîtrise ont des répercussions de plus en plus fortes sur la réputation, la compétitivité et l’attractivité des entreprises.

Pression règlementaire

Le nouveau contexte règlementaire -Loi Sapin 2, Devoir de Vigilance, RGPD(1), déclaration de performance extra financière- place les directions développement durable au cœur de ces dispositifs à implémenter ou à formaliser. L’enjeu pour les équipes est de structurer et d’orchestrer ces obligations, de signifier les changements qu’elles induisent, de mentionner et d’expliquer clairement les diligences mises en œuvre dans les rapports de gestion. Le projet est complexe car la superposition des obligations règlementaires et l’organisation en silo dans les entreprises ne facilitent pas une approche globale et stratégique de la gestion des risques.

Travail collaboratif

Cette approche de la RSE par les « risques » devrait sans doute favoriser le rapprochement des équipes développement durable, Risk Management, compliance et juridique. Car ces nouvelles dispositions règlementaires témoignent de la volonté d’ancrer la RSE dans la stratégie et le modèle d’affaires de l’entreprise, à travers notamment le pilotage et l’évaluation de ses impacts environnementaux, sociaux et de gouvernance.  Elles traduisent aussi la prise en compte d’un environnement économique et sociétal qui place le « risque RSE » au cœur des  enjeux de gouvernance. Les décisions d’investissement se prennent aujourd’hui à l’aune des risques sociétaux et climatiques sous la pression des grands investisseurs institutionnels et de la sphère politique. Il y a quelques jours, le Forum économique mondial (WEF) publiait avant la conférence de Davos la 13ème édition de son Global Risks Report.  Les risques environnementaux y tiennent la première place pour la deuxième année consécutive

Cartographie unique des risques 

Ce nouveau cadre législatif souvent vécu par une contrainte, parfois délicat à circonscrire et difficile à mettre œuvre, devrait donc être l’opportunité pour les équipes concernées de repenser le périmètre et l’organisation de la gestion des risques autour d’une cartographie unique associant risques financiers et extra financiers en intégrant les parties prenantes. Cette réflexion en amont permettrait aux émetteurs de  présenter leurs principaux risques de manière plus pédagogique et lisible dans leurs publications financières afin de répondre aux exigences de clarté du régulateur.

Sandrine L’Herminier

Directrice du Pole RSE-Labrador Conseil


(1) Règlement européen sur la protection des données