Etude du Boston Consulting Group (BCG) commentée par Elias Baltassis, directeur Big Data et analytique.

A quelques jours de l’entrée en vigueur du RGPD en Europe, le cabinet de conseil a publié une étude sur la vision des européens sur l’utilisation de leurs données personnelles. Baptisée « Leveraging GDPR to become a trusted data steward », cette étude montre que cette réglementation pourrait être le moyen pour les entreprises de retrouver la confiance de leurs clients sur le très sensible sujet du traitement et de l’utilisation des données personnelles.

Tout part d’une certaine méfiance, et même d’une méfiance certaine, entre les consommateurs et les entreprises sur le partage des données. Les scandales type Facebook n’aident pas. Et là, premier constat du BCG, « la confidentialité des données n’inquiètent plus seulement les plus âgés », glisse Elias Baltassis, directeur Big Data et analytique au BCG, « près de 80% des millennials se posent ainsi désormais de nombreuses questions et doutent ». En outre, avec le temps, les catégories de données collectées qui inquiètent évoluent. « Les numéros de cartes de crédit et autres données bancaires ou financières sont toujours en tête », explique Elias Baltassis, « mais elles sont suivies de près désormais par les données personnelles familiales, de santé, ou encore de géolocalisation ».

Plus de transparence pour plus de confiance

Pour le BCG, cette méfiance vient du fait que les entreprises n’ont pas encore mis tous les moyens de communication. « Pas ou peu d’entreprises, en France du moins, ont mis en place de véritables outils proactifs pour pouvoir remonter l’information », souligne Elias Baltassis, pour qui les groupes américains ont fait davantage d’efforts en la matière. Signe des temps, on notera les efforts de pédagogie déployés ces dernières semaines par Google, Facebook et autre WhatsApp pour informer leurs utilisateurs de leurs nouvelles conditions d’utilisations et autres politiques d’utilisations, devenues d’un coup d’un seul, par miracle, (presque) claires.

Cet effort de transparence est louable et il s’agit bien de rétablir un lien de confiance. Il était temps. De 48 à 62% des personnes interrogées par l’étude du BCG pensent que les sociétés ne sont pas honnêtes dans l’utilisation des données. Cela s’explique par le fait que si les entreprises décident d’utiliser certaines données personnelles, elles le font sans autorisation, sans information du public. Elles s’en cachent. Et elles ont tort.

Des entreprises cachotières et trop prudentes

Ainsi, l’étude du BCG montre qu’il peut y avoir de forts décalages entre ce que les entreprises et les consommateurs trouvent acceptable. Par exemple, une entreprise sur deux seulement utilise des données clients pour commercialiser des produits d’entreprises tierces, alors que 80% des consommateurs interrogés ne voit pas d’inconvénient à cette pratique. « Il y a une certaine pudeur de la part des entreprises qui font preuve ici d’une prudence pas des plus heureuses en termes de business », commente Elias Baltassis.

Marketing, personnalisation des offres, si les consommateurs peuvent se révèler plus ouverts que les entreprises sur l’utilisation de leurs données personnelles, ils veulent, selon le BCG, savoir et avoir le choix d’accepter ou de refuser cette utilisation. « Le RGPD constitue ainsi une formidable opportunité de reconquête de la confiance des consommateurs et une source bien réelle de nouveaux business », se félicite Elias Baltassis.

 

Beñat Caujolle

Retrouvez l’étude du BCG ici

 


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