Julia est Responsable de Clientèle chez Labrador Translations. Elle pilote au quotidien une trentaine de comptes clients et jongle avec un sourire solaire entre deadlines impossibles et service client « no matter what ». Qu’est ce qui l’a donc poussé à vouloir se coltiner le rapport RSE de Labrador en plus de tout ça ?

Publier un rapport RSE n’est pas une obligation pour Labrador. Pourquoi en faire un maintenant et qu’est ce que ça va changer?

Notre démarche était de réaliser un diagnostic objectif de notre rôle d’acteur sociétal et d’identifier les priorités d’actions pour l’avenir, avec de la cohérence et des objectifs. Le but est aussi d’être plus transparent et pragmatique vis à vis de nos clients, de nos partenaires et des futurs Labradoriens sur tout ce que nous testons et entreprenons dans l’entreprise et de rassembler toutes ces données en un document unique et suivi dans le temps. C’est notre obsession la transparence, donc c’était normal de l’être davantage sur notre démarche RSE !

« Conduire ce rapport RSE m’a surtout mis dans la position d’un client Labrador, c’est instructif ! »

Tu t’es spontanément engagée dans un groupe projet RSE en plus de ton job. Pourquoi ?

C’était alors autant pour moi un moyen de m’intégrer dans l’entreprise que je venais de rejoindre fin 2016 que par curiosité intellectuelle. Dans mon métier, les processus opérationnels rigoureux sont mon quotidien. C’était l’opportunité d’une parenthèse qui alliait mes deux passions personnelles : travailler la rédaction et le langage, clin d’œil à ma formation initiale de traductrice, sur des sujets sociaux très concrets. Mais au final, conduire ce rapport RSE m’a surtout mis dans la position d’un client qui confierait son projet à Labrador et qui travaillerait avec toute la chaîne de nos métiers, du conseil au maquettiste et traducteur. C’est instructif de passer de l’autre côté et d’expérimenter ses contraintes et besoins face aux nôtres.

Comment a été constitué le reste de l’équipe ?

Nous étions une équipe de quatre, pour la plupart des personnes avec qui je n’avais jamais travaillé, au conseil, en édition, aux opérations et à la communication, en France et aux États-Unis . Nous ne sommes qu’une cinquantaine de Labradoriens, mais notre organisation en petites agences fait qu’on évolue chacun dans nos sphères professionnelles sans connaître suffisamment le quotidien des autres métiers de l’agence. L’idée était de représenter toute cette diversité dans ce rapport. Personnellement, je représentais Labrador Translations, qui est une « marque » moins visible que Labrador mais une super boîte avec une équipe jeune et dynamique, et j’espère avoir réussi à rendre plus visible son ambiance si particulière.

Comment on adapte les meilleures pratiques que nous recommandons aux grands groupes cotés à la réalité d’une PME comme Labrador, avec une équipe d’amateurs ?

Cela n’aurait aucun sens pour Labrador d’imiter un rapport RSE du CAC40, même si nous en manipulons tous les jours, ou de faire un bilan carbone, les enjeux ne sont pas les mêmes. Nous avons donc procédé en deux temps. D’une part, connaître et s’inspirer des meilleures pratiques des grands groupes : consultation des parties prenantes, matrice de matérialité pour identifier nos enjeux RSE prioritaires, Grenelle 2, mot stratégique du président, etc.. Cela nous a permis ensuite de sélectionner les données et initiatives RSE les plus pertinentes pour nos valeurs, notre activité et notre taille et de mettre l’accent là dessus.

Alors le sujet qui fâche : selon toi, sur quels aspects Labrador doit s’améliorer en priorité ?

J’ai personnellement surtout travaillé sur la partie sociale donc pour moi on pourrait aller plus loin sur la formation de nos équipes, pour être toujours plus source d’innovation et de conseil pour nos clients. La particularité de notre modèle économique – une activité d’agence conseil et de services qui repose beaucoup sur les Hommes, couplée à une haute saison de production – fait que nous sommes aussi soumis plus particulièrement aux problématiques de surcharge de travail et de gestion du stress. C’est sur ces aspects que l’entreprise doit travailler selon moi en priorité, même s’il y a déjà beaucoup de choses en place chez nous pour favoriser le bien-être au travail, l’autonomie et le nomadisme.

A l’inverse, y a-t-il des aspects où tu te dis “je suis fière de ma boîte” ?

Je n’ai pas besoin de ce rapport pour être fière de ma boîte ! Mais c’est vrai que j’ai mieux pris conscience de la diversité de nos métiers au sein de l’agence. C’est une vraie richesse humaine et de savoirs. Tout le monde n’a pas conscience que Labrador est une entreprise à part entière en ce sens, et une chance d’évoluer dans cet univers plutôt que dans un cabinet de traduction ou une agence traditionnelle.

On a entendu Labrador Translations monter au créneau sur le Langage clair. L’avez-vous appliqué à votre rapport ?

Modestement mais oui. En tout cas j’ai passé mes dernières lectures à traquer tout notre jargon et les anglicismes ! Nous ne sommes pas épargnés par ce défaut qui pollue les milieux financiers et juridiques dans lesquels nous évoluons. Mais ce rapport doit être compris par tous ceux qui ne connaissent rien à nos métiers, c’est le b.a-ba de notre vision.

Ton challenge demain ?

Pour l’équipe projet, aller décrocher le label Or d’Ecovadis, ça fait 2 ans qu’on le touche du doigt ! Et puis bien sûr le rapport 2018 bientôt.

Quelque chose à ajouter ?

Oui, merci à tous les contributeurs de ce projet qui se sont mouillés au sein des équipes Labrador, à Sandrine Lherminier notre Directrice Conseil RSE pour son accompagnement professionnel et pédagogique, mais aussi à tous les clients, partenaires et fournisseurs qui ont pris le temps de dialoguer avec nous !