Deux ans après leur adoption par les Nations Unies, les Objectifs de Développement Durable (ODD) s’invitent dans le reporting des entreprises. Plus d’un tiers des entreprises du SBF 120 communiquent autour de ces enjeux[1], y compris dans le document de référence. Le sujet mobilise les émetteurs sous l’impulsion des investisseurs et des agences de notation extra financière sensibles à une sélection pertinente, lisible et suivie des ODD dans le temps.

L’un des premiers défis pour atteindre les 17 ODD est peut-être celui de la communication. Communiquer efficacement permet de mobiliser l’ensemble des parties prenantes autour de la réalisation de ces objectifs à commencer par les équipes internes.

Certes, le niveau de maturité des entreprises est assez inégal  tant au niveau de l’implémentation de ces objectifs dans les pratiques responsables qu’en terme de traitement des messages clés. Certains émetteurs se contentent d’une simple mention des ODD dans leurs publications financières quand d’autres s’engagent sur des objectifs long terme après avoir consulté leurs parties prenantes.

Si ces disparités s’expliquent -certaines entreprises sont plus impactées par ces enjeux qui touchent directement leur cœur de métier-, il serait néanmoins judicieux que tous les acteurs s’emparent de ces sujets et communiquent de manière précise sur les progrès accomplis en donnant également aux lecteurs des clés de lecture aisément identifiables.

  • Matrice de matérialité

Les ODD ne sont ni une case à cocher, ni un artifice de communication. Il s’agit pour les émetteurs de sélectionner les objectifs pertinents en fonction de leurs impacts, secteurs d’activités et zones d’implantation. Réaliser une analyse de matérialité autour de ces enjeux est un travail intéressant pour mener cette réflexion. Rémy Cointreau et Essilor se sont prêtés à l’exercice. Essilor présente une cartographie de 13 ODD hiérarchisés autour de deux axes : son programme de développement durable et sa chaîne de valeur.

  • Tableau de bord

Aligner ses engagements RSE sur les ODD clés fait aussi partie des bonnes pratiques. C’est l’occasion pour les entreprises de challenger leur politique RSE au regard du cadre fixé par les ODD. Suez, au même titre que Sodexo, aligne ainsi sa feuille de route long terme sur les ODD correspondants au sein d’un tableau de bord concis et lisible.

  • Repères visuels

La contribution des entreprises aux ODD peut aussi s’illustrer dans les actions déployées au cours de l’exercice écoulé. Certaines entreprises dont Solvay ont ainsi choisi d’intégrer les icones correspondantes tout au long du chapitre RSE de leur document de référence.

  • Objectifs chiffrés

Les ODD sont aussi l’opportunité de trouver des relais de croissance à travers la création de produits ou services inclusifs et durables. AccorHotels a mis en place des objectifs chiffrés par le biais de son programme de développement durable Planet 21. Sur l’objectif 12 : consommation et production responsable, le groupe s’engage ainsi à fournir « 10 familles de produits clés de son offre hôtelière éco responsables d’ici 2020 ».

  • Table de concordance

Les grands référentiels type Global Compact ou GRI ont publié des tables de concordance avec les ODD. Cet outil permet également aux émetteurs de s’approprier ces objectifs et de mettre en lumière la transversalité de ces enjeux avec les référentiels volontaires ou règlementaires.

Sandrine L’Herminier

Directrice du pole RSE – Labrador Conseil


[1] Sources Etude B&L Evolution, Global Compact France-Septembre 2017