Document de référence, Charte éthique, Brochure de convocation et Site internet ont été examinés à l’occasion de la 8ème et dernière édition des Grands Prix de la Transparence organisée fin septembre par Labrador. Chacune des sociétés de droit français qui composent l’indice SBF 120, a été passée à la moulinette des 158 critères objectifs et universels retenus par un comité scientifique indépendant.

30 nouveaux critères sont venus en 2017 enrichir l’analyse de ces supports d’information : 8 pour le Document de référence, 3 pour la brochure de convocation, 19 pour la seule Charte éthique qui faisait son entrée aux Grands Prix. Objectif : toujours plus de clarté, de lisibilité et de précision dans l’information. Réglementation et loi Sapin II obligent, la Gouvernance demeure le sujet majeur pour le document de référence et la brochure de convocation, tandis que le thème de l’éthique faisait une entrée remarquée.

Standardisation des bonnes pratiques

Commençons par les bonnes nouvelles : la standardisation des bonnes pratiques. Ainsi, un peu plus de 30 % des 158 critères ont été remplis par au moins 80 % des entreprises du SBF 120. Autres exemples : 95% des versions anglaises sont identiques aux versions françaises (53% en 2010) ; 97% des entreprises ont réservé un chapitre ou un sous-chapitre à la RSE (57% en 2010). Côté grande marge de progression possible, on regrettera, à l’heure du Say on Pay, qu’à peine 19% des entreprises du SBF 120 présentent, sous la forme d’un tableau synthétique, l’évolution de la rémunération sur plusieurs années dans la brochure de convocation.

Entrée en force de l’éthique… mais de grands progrès à faire en pédagogie

La problématique de l’éthique monte en puissance, se formalise. Les chiffres indiquent clairement que si les entreprises se sont déjà mises en mouvement sur ce terrain (via notamment le code de bonne conduite), il reste de grands progrès à faire en matière de pédagogie.

Devoir de vigilance, protection des données, risque de réputation, il s’agit pourtant de bien se faire comprendre. Les besoins des lecteurs de ce support sont variés, internationaux et les leviers de progrès sont ici encore élevés. Moins de 2 % des entreprises du SBF 120 ont ainsi fait l’effort d’inclure dans leur Charte d’éthique au moins trois graphiques ou illustrations afin de présenter, de mettre en perspective des notions parfois complexes à décrire. De même, on peut regretter qu’à peine 10 % du SBF 120 aient mis en scène au moins trois cas pratiques permettant d’indiquer concrètement la marche à suivre face à une situation pouvant constituer une infraction. Dernier exemple, toujours dans la Charte d’éthique, tout juste 1 entreprise sur 5 du SBF 120 nomme le ou la responsable de l’éthique ou tout du moins un simple contact.

Et l’avenir ?

Pour 2018, gageons que certains sujets seront regardés avec plus d’attention : une information synthétique et stratégique mettant en perspective l’activité ; la démarche de simplification,  notamment par une recherche de pertinence de l’information ; et bien sûr la qualité de l’information éthique (précision et pédagogie) donneront une riche matière à de nouvelles propositions du Comité Scientifique.

Ces nouveaux critères sont là pour relever chaque année le niveau d’exigence et de transparence, vecteurs de confiance et de création de valeur pour l’entreprise. Le chemin déjà parcouru depuis 2010 lors de la 1ère édition est impressionnant. Vivement la 9ème !

Beñat Caujolle

Pour aller plus loin : www.grandsprixtransparence.com