Les acteurs des marchés financiers avaient jusqu’au 30 mai*. C’est hier que clôturait la consultation MIFIDVision, la plateforme d’observation des conséquences de l’entrée en vigueur de MIFID II, une initiative portée par la SFAF, l’AFG, l’AMAFI, le CLIFF, Euronext, Paris Europlace avec le soutien de l’AMF et de la Direction Générale du Trésor. Puisqu’il nous faudra encore un peu de patience avant qu’elle ne rende public ses travaux sous la forme d’un baromètre, profitons-en pour nous interroger : La Directive MIFID II est souvent présentée comme un bouleversement, notamment pour le métier de Relations investisseurs. Et si elle se transformait en une opportunité ?

MIFID II, juste de nouvelles contraintes ?

De nouvelles difficultés à surmonter au quotidien, voire de nouvelles contraintes à assumer, sont déjà évoquées telles que : doutes sur la qualité de la couverture, concentration de la recherche sur les plus grands groupes, diminution du nombre d’analystes, suivi plus délicat des consensus et impact au quotidien pour les départements Relations Investisseurs, leur organisation, leur budget, … Au mieux certains espèrent encore que « rien ne changera vraiment ».

Des évolutions en marche

Pourtant, les investisseurs commencent déjà à modifier leur comportement.

IR Magazine relaie une étude menée pour le UK’s Investor Relations Society en décembre 2017. Elle a recueillie les réponses de 302 investisseurs institutionnels (incluant 10 des 20 plus grandes sociétés d’investissements mondiales).

  • 92 % des investisseurs considèrent l’accès aux corporates comme décisif dans le processus d’investissement ;
  • 90 % des investisseurs utilisaient régulièrement les équipes sell-side pour ces rencontres, 52% y auront moins recours ;
  • 54 % des investisseurs comptent sur les émetteurs pour les contacter directement, alors que 33 % ont l’intention d’utiliser leurs ressources internes pour gérer cette relation de façon pro-active.

De façon générale, les grands gestionnaires de fonds déclarent :

  • vouloir augmenter significativement le nombre de RV avec les entreprises en portefeuille : l’accès gratuit à l’information se réduisant, le contact direct avec les émetteurs devra y remédier.
  • être prêts à organiser ces RV sans intermédiaire.

Lors de la publication de l’étude, John Gollifer, general manager de la UK’s IR Society, a précisé que les entreprises devront :

  • veiller à allouer les ressources suffisantes à leur communication avec les investisseurs,
  • être prêtes à combler toute lacune apparaissant au cours du processus d’investissement.

Vers plus de valeur ajoutée pour la communication entre Investisseurs et Emetteurs

Les conséquences de ces évolutions sont :

  • une internalisation de processus que les départements Relations Investisseurs avaient externalisées depuis des années ,
  • une augmentation du flux d’informations direct entre émetteurs et investisseurs qui nécessite :
  • d’élaborer ces informations et d’en assurer la diffusion ;
  • de bien connaître les attentes des investisseurs pour les corporates ;
  • de se reposer sur des informations fiables pour les investisseurs.

Les outils et supports de communication (document de référence, rapport intégré, présentation de résultats, …) existent et deviennent des outils privilégiés pour :

  • les investisseurs qui n’auront plus du tout, ou moins systématiquement, le filtre de la recherche pour se forger une opinion ;
  • les émetteurs qui devront rester – ou se rendre – visibles et compris.

L’enjeu est à la fois de :

  • communiquer avec toujours plus de transparence, de pédagogie, pour faciliter le dialogue ;
  • développer les outils pour analyser les attentes des investisseurs, les anticiper et donc diminuer le nombre de questions pour répondre à la problématique temps des départements RI,  …

Pour aborder avec efficacité ces changements, il faut poursuivre l’amélioration des outils pour s’adapter à ce nouvel environnement dans un souci constant de pédagogie.

Avec à la clé plus d’efficacité, un souci de qualité donc plus de valeur ajoutée pour la communication entre Investisseurs et Emetteurs.

 

Florence Daumal,

Expert Labrador en Communication Financière

 

*Le Cliff nous informe que l’ouverture de la consultation est prolongée jusqu’au 6 juin. Dépêchez -vous !