Pour la première fois, Labrador a mené une étude autour des chartes et codes de conduite de l’ensemble du SBF 120¹. Ce travail qui porte sur 25 critères selectionnés avec un comité d’experts, a été réalisé en amont de la mise en place de la Loi Sapin II.

L’Oréal arrive en tête de notre benchmark, suivi de Valeo, Sanofi, AccorHotels et Total… Si ces pionniers n’ont visiblement pas attendu la loi Sapin II pour placer l’éthique au cœur de leurs pratiques, pour d’autres, le chantier est de taille. La nouvelle réglementation  impose en effet aux entreprises de plus de 500 salariés de se doter d’un véritable programme de conformité contrôlé par un nouveau régulateur, l’Agence française anticorruption (AFA). La loi sur le devoir de vigilance ou la future réglementation européenne de protection des données personnelles (mai 2018) viendront également renforcer les obligations des entreprises en matière de prévention des risques extra financiers.

Un sujet complexe

Certes, l’éthique est une matière difficile à appréhender. Si certains groupes ont compris l’intérêt de transformer ce risque en opportunités (fierté d’appartenance à l’entreprise, attractivité auprès des candidats, image de marque), bon nombre d’organisations auront besoin de se faire accompagner pour dépasser le seuil de la compliance. Car l’éthique n’est pas seulement l’affaire du Comex. Cet enjeu doit être compris et porté par l’ensemble des collaborateurs et parties prenantes de l’entreprise. Objectif : prévenir certains risques, notamment de réputation. Voici quelques bonnes pratiques à suivre pour faire de ce document un outil au service de la création de valeur de l’entreprise.

  • Gouvernance de l’éthique : L’éthique doit être portée par les membres du Board. Un édito signé du Président, une présentation de la gouvernance -organisation, ressources, formations- est judicieuse pour démontrer que l’éthique est intégrée au management et aux process de l’entreprise.
  • Incarner les valeurs. Les valeurs ne sont pas suffisamment reliées aux règles de conduite de l’entreprise. Les traduire en comportement à travers des « cas pratiques » permet aux collaborateurs de les faire vivre au quotidien.
  • Devoir de pédagogie. Toutes les chartes sont compliance. Rares sont celles qui utilisent un langage compréhensible par le plus grand nombre. L’usage du « nous », le recours à l’infographie, la contextualisation des rubriques traitées…renforcent le sentiment de proximité et de clarté dans un contexte considéré souvent comme anxiogène pour le collaborateur.
  • Accessible à tous. Alors que l’entreprise implique de plus en plus son éco système dans sa démarche de responsabilité sociétale, elle doit rendre publique ses engagements éthiques en favorisant l’accessibilité de ses documents en format papier ou web. Leur traduction dans toutes les langues parlées par le groupe s’inscrit aussi dans ce contexte.
  • Ouverture aux parties prenantes : La réputation d’une entreprise ne repose pas uniquement sur ses salariés. Les engagements et règles éthiques envers les clients, fournisseurs, investisseurs doivent en principe figurer dans cette charte afin de nourrir la relation de confiance de l’entreprise envers son écosystème.
  • Système d’alerte. Expliquer la procédure d’alerte interne, garantir l’anonymat de la procédure, rassurer le collaborateur sur sa légitimité en tant que lanceur d’alerte, sont des conditions indispensables de l’efficacité de ce type de dispositif.

 

Sandrine L’Herminier, Directrice du Pôle RSE Labrador Conseil

¹Enquête réalisée à partir des documents accessibles sur l’ensemble du SBF120. Présentation de votre rating ou des résultats sur demande auprès du département Conseil de Labrador.


FOCUS : L’éthique fait son show au Grands Prix de la Transparence

Labrador a constitué un comité d’experts éthiques pour réaliser ce premier benchmark autour des chartes. Ce dernier sera mis à jour et enrichi durant l’été, pour intégrer les prochains Grands Prix de la Transparence le 21 septembre 2017. Nouveautés au programme de cette 8e édition : l’entrée de la charte éthique dans le panel des documents étudiés, remplaçant le rapport financier semestriel (sortie du panel), un Grand Prix de la Transparence – Charte éthique remis, de nombreux nouveaux critères Transparence et un Comité scientifique qui accueillera un nouveau membre expert de l’éthique.

Le Panorama de la Gouvernance, réalisé en partenariat avec EY et à paraître en octobre 2017, intègrera et approfondira également une partie de ces travaux, avec un focus sur la gouvernance de l’éthique.