L’Autorité des marchés financiers (AMF) a rendu publiques ses dernières recommandations sur l’arrêté des comptes 2017. Vient en tête « L’importance d’une information pertinente, cohérente et lisible ».

Pour être un peu plus précis, l’AMF veut une communication financière de qualité, tant sur le contenu que sur la forme. Et pour cela, elle insiste avant tout sur « la notion de matérialité ». Dans le domaine artistique, la matérialité renvoie à la manière réaliste et sensuelle de représenter les choses. Dans celui de la communication financière, la matérialité repose davantage sur la volonté de hiérarchiser les données, les informations, les priorités, en fonction des attentes des lecteurs / investisseurs.

Plus de sens, moins d’exhaustivité

L’AMF souhaite ainsi « encourager les émetteurs à s’interroger sur la valeur significative ou non d’une information ». Saluons cette démarche du Gendarme de la Bourse qui demande clairement aux émetteurs d’essayer de donner un sens à l’exercice contraint, forcé et parfois routinier de la « comfi ». Dans le passé, cette exercice où chacun, en quête d’exhaustivité, se posait comme unique question : « qu’est-ce que j’ai bien pu avoir oublié ? » Et plus on en mettait, plus on se rassurait. Et tant pis ou tant mieux si trop d’info noyait l’info, l’important étant que l’on ne puisse pas me reprocher d’avoir oublié ceci ou cela.

Une démarche positive

Par cette démarche volontaire et positive de la part de l’AMF, les émetteurs vont devoir faire des choix, trier, hiérarchiser leurs informations. Et mettre en avant les données et / ou évolutions les plus importantes, pour mieux les expliciter, plus longuement, plus dans le détail, au détriment d’autres, moins saillantes, plus secondaires.

Les émetteurs sont donc invités à prendre encore davantage la main sur leur communication financière. Le jeu en vaut la chandelle, si cela leur permet de mieux expliquer et mettre en perspective les principaux enjeux.

Un seul bémol

Il ne faudrait cependant pas que l’on puisse reprocher par la suite, à tel ou tel, d’avoir sciemment oublié, ou mis de côté, une donnée cruciale ou qui s’est révélée a posteriori décisive. Le risque est bien là. Toujours là. Il n’est pas nouveau.

Beñat Caujolle­­­