De l’autre côté de l’Atlantique, les « Proxy Statements », comprenez brochures de convocation aux assemblées générales, ont la cote.  Nouveaux standards et meilleures pratiques ont permis à ces documents très complets (une centaine de pages) de gagner ces dernières années en clarté, en visibilité, en pédagogie en transparence.  Un point précieux pour ce support qui comprend l’essentiel du document de référence, la gouvernance et la rémunération, sans oublier bien entendu l’ensemble des résolutions soumises au vote.

Cette année encore, Labrador a passé au crible (via 50 critères) les pratiques en la matière de 238 entreprises américaines, prises dans le classement 2016 du magazine Fortune qui liste les 250 plus importantes sociétés par leurs chiffres d’affaires. En France, seule la publication au Balo de l’avis de convocation est obligatoire. D’ailleurs, 6% des entreprises de notre SBF 120 s’en contentent encore. Aux Etats-Unis, les sociétés doivent communiquer à leurs actionnaires un document très complet. C’est obligatoire. « Les Proxy Statements sont devenus au fil des années l’un des principaux supports de communication des entreprises cotées, un lien essentiel pour ces dernières, petites ou grandes, avec leurs actionnaires », se félicite Molly Doran, Directrice Conseil aux USA de Labrador.

Des Say-on-Pay validés en moyenne à plus de 90%

Les graphiques et autres illustrations y ont fait leur entrée en force. Près d’une entreprise sur deux utilisent des graphiques pour mettre en avant leurs chiffres clés (49% en 2017, contre 43% en 2016). Toujours pour en faciliter la lecture, on y trouve de plus en plus de résumés. Ainsi, les deux tiers des entreprises « auscultées » donnent désormais la peine de rédiger un « Proxy Summary », contre un peu plus d’un tiers il y a cinq ans.

Sur le contenu, on retiendra parmi les principales tendances le Say-on-Pay. En 2017, les entreprises composant l’indice Russell 3000 se sont prononcées à plus de 90 % en faveur d’un vote annuel du Say-on-Pay. Un résultat bien différent de la dernière consultation qui remontait à 2011.  39% d’entre elles votaient alors en faveur d’un plan sur 3 ans. Autres chiffre intéressants pour 2017, pour les 227 entreprises qui ont eu à se prononcer en 2017, les actionnaires ont en moyenne dit oui à 90,1% à leur Say-on-Pay. Si 17 entreprises ont obtenu des résultats compris entre 75 et 50%, seules 4 ont enregistré des résultats sous la barre des 50% : ConocoPhillips, McKesson, Oracle et Bed Bath & Beyond.

23% de femmes dans les conseils d’administration

Sont également suivies de près par les actionnaires les évolutions des différents conseils d’administration. Si une entreprise sur cinq des 238 retenues par Labrador utilise un graphique pour illustrer l’importance des femmes dans ces conseils, on retiendra aussi que le nombre moyen d’administrateurs frôle les 11,3 dont … 2,6 de femmes. Les autorités boursières n’ont aucun moyen de contraindre les entreprises cotées à renforcer la diversité des administrateurs.  Il y a ici, dans ce domaine, encore quelques légers progrès à faire….

Beñat Caujolle