Début juin, un premier bilan des AG s’impose. Et force est de constater que l’année 2018 de gros efforts de transparence ont été réalisés. Un bon point général qui met la pression sur les retardataires. En 2019, les émetteurs vont devoir faire un focus particulier sur l’information autour de la rémunération des dirigeants. Un sujet encore et toujours particulièrement sensible pour les actionnaires et investisseurs.

L’Hebdo des AG a ainsi passé au crible les 92 premières assemblées. « C’est la paix. Actionnaires et sociétés s’accordent dans l’ensemble sur les sujets de rémunération. Les sujets de tensions sont des cas isolés », assure l’Hebdo des AG dans son dossier spécial « Rémunération des dirigeants ».

Côté vote, les émetteurs peuvent ainsi se montrer soulagés … il y a un léger progrès pour le Say on Pay : + 4 points pour le CAC 40 (88%) et les Next 80 (93%). Toutefois, certains ont senti le vent du boulet, enregistrant des scores relativement bas, sous la barre des 60%. On ne citera pas Vinci, Atos, ou encore Essilor. Les raisons sont aussi variées que bien connues : un bond de la rémunération fixe qui passe mal, un niveau jugé trop élevé au regard de la taille de l’entreprise ou encore une contestation de la politique de rémunération.

Facteur encourageant, les sociétés qui se sont fait taper sur les doigts un an plus tôt ont retenu la leçon et décrocher cette année de très bons scores : plus de 90% pour Air Liquide ou Elior.

Une RSE plus présente, gage d’une appropriation forte des enjeux de performance globale

Même constat chez Capitalcom, qui note « une acceptabilité accrue des rémunérations ». Ce n’était pas gagné ! Les scores d’approbation des rémunérations reculaient depuis 2014. Et l’arrivée d’un vote ex post contraignant (renforcement du pouvoir des actionnaires) devait accentuer cette tendance. Et bien non !  En 2018, le taux d’approbation des rémunérations est reparti à la hausse à près de 90%.

Pour expliquer ce rebond, qui en a surpris plus d’un, Capitalcom met en avant le contexte économique favorable et des résultats de belle facture (cela aide !), mais aussi « l’important effort de pédagogie et de transparence des entreprises. Le temps moyen alloué aux sujets de gouvernance a ainsi augmenté, passant à 23 minutes en 2018, contre 18 l’an passé ».  Intéressant également, les critères RSE sont de plus en plus pris en compte dans la rémunération variable, mais aussi dans les interventions des dirigeants. La RSE sort de son enclos spécifique et prend toute sa place dans les enjeux de performance globale.

 

Beñat Caujolle